Ebola : un traitement réduit drastiquement la mortalité lors d’essais cliniques

By Antoine

L’Afrique de l’Ouest, et plus particulièrement la République Démocratique du Congo, est touchée par une grave épidémie d’ Ebola. Il s’agit de la plus grave crise liée à cette fièvre hémorragique depuis celle qui avait déjà ravagé la région entre 2013 et 2016, et même la plus meurtrière jamais enregistrée d’après l’OMS.

En RDC, quatre traitements expérimentaux étaient testés jusqu’il y a peu. Le test vient de prendre fin, et deux traitements, le ZMapp et le Remdesivir, ont récemment été purement et simplement abandonnés d’après l’OMS et l’Institut National de l’Allergie et Maladies Infectieuses des Etats-Unis (NIAID). La raison est simple : les deux autres traitements, basés sur des anticorps monoclonaux, se sont avérés si efficaces contre Ebola qu’ils justifient à eux seuls l’arrêt du test.

Un résultat absolument spectaculaire, qui pourra être mis à contribution “immédiatement sur le terrain” d’après le directeur du NIAID, Anthony Fauci. C’est une donnée importante car si le temps est un facteur clé dans la gestion de toute épidémie, c’est d’autant plus vrai pour cette fièvre hémorragique parfois fulgurante : pendant l’épidémie qui sévit en ce moment, ce sont près de ⅔ des patients connus qui ont déjà succombé.

L’essai, démarré en Novembre 2018, a depuis montré que l’efficacité de ces deux traitements à base d’anticorps monoclonaux (mAb114 and REGN-EB3) étaient largement supérieure à celle du ZMapp et du remdesivir. Les effets sont particulièrement spectaculaires dans le cadre d’une infection récente : dans ce cas, les taux de mortalité se sont absolument effondrés, descendant à 6% pour les patients sous REGN-EB3 et même 6% pour ceux sous mAb114 ! Même si les résultats sont moins impressionnants pour les patients dont la charge virale est très élevée (environ 60% de mortalité), cela reste une avancée significative.

Jean-Jacques Muyembe-Tamfum, véritable figure de la lutte contre Ebola qui faisait partie de l’équipe ayant découvert le virus en 1976, s’était récemment engagé personnellement à mettre fin à cette épidémie. C’est donc tout naturellement qu’il laisse exploser sa joie :

Aujourd’hui, nous avons démarré un nouveau chapitre. A partir de maintenant, on ne dira plus qu’Ebola est incurable. Cela va nous permettre, à l’avenir, de sauver des milliers de vies.

Une avancée médicale, et humaine en même temps

Cette découverte a évidemment une portée très importante dans une région où cette maladie revêt une symbolique toute particulière. En plus de son taux de mortalité très élevé, les symptômes très impressionnants (diarrhées et vomissements sanglants, fièvre, faiblesse extrêmes, défaillances du foie et des reins, saignements des yeux et autres muqueuses..) et sa fulgurance font d’Ebola un vrai épouvantail, même parmi les autres maladies dont souffre l’Afrique. A tel point que la population locale rechigne souvent à aller se faire soigner, et considère les centres de soin comme de vrais “cercueils”, au grand dam des médecins qui y travaillent.
Avec un traitement au taux de réussite supérieur à 90% (dans le cas d’une infection récente), cela offre une nouvelle possibilité au corps médical : celle de restaurer la confiance dans le traitement. D’après Muyembe, cela … Plus d’infos

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